20.10.2020
Le projet retenu crée un espace urbain libre

Slider

    Les étudiants en architecture ont soumis 36 projets d’appartements de microliving au concours Hawa Student Award 2020. Le président du jury, András Pálffy, explique quels étaient les défis du concours – et ce qui l’a surpris dans le projet retenu.

    Peu de prix sont aussi populaires auprès des étudiants en architecture en Suisse, en Allemagne et en Autriche que le Hawa Student Award. Son édition 2020 a été centrée sur le microliving. La gare routière de Zurich en Suisse de 7 000 mètres carrés a servi de lieu aux projets de construction fictifs. Nous recherchions des solutions convaincantes pour un immeuble résidentiel de 250 à 300 petits appartements comprenant des pièces partagées, des locaux de détente et des espaces de coworking. En outre, la gare routière existante devait être intégrée harmonieusement au projet.

    Monsieur Pálffy, vous êtes architecte et enseignez en tant que professeur depuis plus de 30 ans. Comment les besoins en matière d’habitation en milieu urbain ont-ils évolué durant cette période ?
    Il y a 30 ans, il existait beaucoup plus de terrains à bâtir dans les villes. Par conséquent, la pression en matière de coûts sur la construction de logements était moindre qu’aujourd’hui. À cette époque, la construction de logements n’était pas aussi exigeante qu’elle l’est dans la phase de croissance actuelle. La forte demande de logements dans les centres urbains a restreint les marges de manœuvre et entraîné une pression économique lors de la planification des appartements afin qu’ils restent abordables. Les exigences actuelles auxquelles doit répondre un appartement sont élevées : il doit offrir aux habitants un maximum de marges de manœuvre et de disponibilité en termes de surface dans un espace limité. Il est également intéressant d’observer qu’en raison de la baisse des surfaces habitables privées et de la densité croissante dans la construction, les espaces publics extérieurs gagnent en importance et sont valorisés. L’idée de qualité de vie comprend ainsi aussi à l’espace extérieur.

    Concepteur urbains

    András Pálffy, né à Budapest, est professeur à l’Université technique de Vienne et directeur de l’Institut d’architecture et de conception. De 2007 à 2013, il a été président de l’association «Vereinigung bildender KünstlerInnen Wiener Secession». Depuis 1988, il dirige un bureau d’architecture avec Christian Jabornegg à Vienne.

    Pendant longtemps, un grand appartement représentait un symbole. Désormais, les plus jeunes renoncent de plus en plus à de l’espace de vie au profit d’un emplacement central. Est-ce que la tendance se renverse?
    Cette impression est trompeuse. Elle ne prend pas en compte la phase de vie de famille qui existe encore pour la majorité des personnes à ce jour. Je crois plutôt que vivre dans de petits appartements situés au centre-ville a lieu pour deux raisons. D’une part, il y a une phase dans votre vie pendant laquelle vous avez des exigences minimales en ce qui concerne votre espace de vie. Pendant cette période, vous fondez ce qui en termes économiques vous permettra par la suite de passer à un habitat plus qualitatif. En outre, il y a de plus en plus de personnes qui vivent à la fois en ville et à la campagne. Elles passent deux à trois jours par semaine en ville pour des raisons professionnelles et ne souhaitent pas vivre dans un hôtel pendant ce temps. C’est pourquoi elles louent un petit appartement qui permet au moins un peu d’individualité. Le reste de la semaine, ces personnes vivent dans leur résidence principale à la campagne, où il est possible de s’offrir beaucoup plus d’espace de vie. À mon avis, ce modèle est très prisé et est renforcé par les bonnes liaisons des transports en commun.

    « De nombreuses personnes ont deux résidences : une en ville et une plus grande à la campagne. »

    Quelle sera dorénavant l’importance du microliving dans les villes européennes?
    Les villes d’Europe sont très différentes. À l’avenir, le microliving jouera un rôle important surtout là où il y a peu de terrains. Les appartements libres y sont rares et chers. Le marché doit créer des offres correspondantes.


    Quelles sont les exigences particulières en termes de planification d’appartements minimisés?
    Un défi particulier est d’offrir un espace de vie sur la très petite surface qui peut être modifiée et s’adapter à tout moment aux nouveaux besoins en termes d’espace.


    Cette évolutivité peut être obtenue grâce à des plans d’étage flexibles et des éléments mobiles. Existe-t-il une hiérarchie?
    Ma position est claire : peu importe le type de logement que vous créez, la qualité est toujours déterminée par la présence maximale d’espace. Aucune surface ne doit donc être gaspillée et les pièces doivent pouvoir remplir plusieurs fonctions. Si l’espace de vie est petit, vous devez, en tant qu’architecte, réfléchir très attentivement à la façon dont cette qualité peut être atteinte. Les éléments de pièce flexibles peuvent également jouer un rôle dans ce cas.


    Vous avez présidé le jury du Hawa Student Award de cette année. Quelle importance les concours d’architecture organisés par des entreprises ont-ils pour les étudiants?
    Avant tout, les étudiants aiment travailler sur des sujets intéressants et sont bien sûr aussi attirés par la somme qui peut être gagnée. Avoir participé au concours peut également aider lors d’une candidature ultérieure.


    Qu’est ce qui vous motive pour faire partie du jury pour la troisième fois?
    Aussi sentimental que cela puisse paraître : d’une part, c’est ma sympathie pour les produits de Hawa Sliding Solutions que je connais et que j’apprécie depuis que je suis étudiant et, d’autre part, le lien entre les personnes de Hawa Sliding Solutions et moi s’est accru au fil des ans. Nous avons un grand respect les uns pour les autres.


    Le Hawa Student Award 2020 a demandé aux étudiants de proposer des solutions pour un projet de microliving au cœur de Zurich. Quels ont été les plus grands défis?
    Trouver la limite entre la forme optimisée d’habitation et la solution en termes d’urbanisme a été difficile. Il fallait se demander si seul l’appartement devait être densifié sur une petite surface, ou si l’ensemble du bâtiment devait également subir une forte densification au sein du quartier. En d’autres termes : il fallait répondre à la question d’une densité socialement acceptable non seulement pour chaque appartement, mais aussi au niveau macroéconomique, à savoir de l’environnement urbain jusqu’à la couchette.


    Un projet qui propose comme solution une tour élancée a gagné le concours. Qu’est-ce qui caractérise cette œuvre?
    Tout d’abord, la simplicité et l’évidence avec lesquelles les auteurs aménagent la zone de dépôt des bus sur une surface dégagée. Cette solution crée un grand espace urbain libre et les arbres sur le site n’ont pas besoin d’être abattus. Et pourtant, il demeure suffisamment de places de stationnement pour les bus dans le bâtiment lui-même où les passagers peuvent monter et descendre des bus au sec. La tour a également su convaincre. D’une part, elle sépare clairement les pièces privées et partagées en différents volumes. D’autre part, elle est divisée verticalement en unités claires s’étendant sur trois étages. Enfin, j’aime le fait que l’empreinte du nouveau bâtiment dans la ville soit relativement petite et en continuité avec les bâtiments existants.

    1er prix

    Ensemen


    Auteurs: Nathalie Birkhäuser, Roman Venzin
    Établissement universitaire: Haute école spécialisée de la Suisse du Nord-Ouest FHNW
    Prix: 5 500 CHF

    Le terrain sur lequel se trouve aujourd’hui la gare routière de Zurich présentait des défis délicats à résoudre par les étudiants : d’une part, la place forme désormais un grand espace ouvert et offre avec ses arbres de la verdure au quartier et, d’autre part, le nouveau projet de construction fictif devait imaginer une transition avec les petits bâtiments situés à la limite nord-ouest. Nathalie Birkhäuser et Roman Venzin parviennent à répondre à toutes les exigences avec un positionnement clair des bâtiments : ils intègrent toutes les utilisations dans une tour élancée en forme de disque et une annexe à deux étages qui est reliée à angle droit au bâtiment principal. Les deux structures sont positionnées dans le coin sud-ouest de la parcelle. De cette façon, elles libèrent de l’espace tout en permettant de conserver la majorité des arbres. Le jury a été impressionné non seulement

    par le positionnement et la forme des bâtiments, mais aussi par leur zonage intérieur et la conception des unités résidentielles individuelles. Les places de stationnement couvertes pour monter ou descendre des bus et l’infrastructure pour les passagers sont situées au rez-de-chaussée de l’annexe à deux étages et au sous-sol de la tour. L’étage supérieur offre de l’espace pour les pièces partagées des habitants de l’immeuble. Les 264 unités résidentielles, dont 198 avec une et 66 avec deux chambres, sont toutes situées dans la tour. Malgré l’espace limité, les appartements individuels offrent différentes zones d’utilisation avec une qualité de vie élevée. Par exemple, une niche avec une fenêtre pour le lit, un salon, un petit balcon privé au sud-ouest et un espace extérieur semi-privé dans la zone des arcades sur le côté nord-est.

    2e prix

    ZCP-Galeriewohnen am Zürcher Carpark


    Auteurs: Christian Bischoff, Jonas Trittmann
    Établissement universitaire: Leibniz Université de Hanovre
    Prix: 4 500 CHF

    Le cœur du projet de Christan Bischoff et Jonas Trittmann représente un hall carré évolutif – un espace urbain couvert de 35 mètres sur 35 mètres. Il sert non seulement de salle d’attente pour les passagers des bus, mais aussi de place de marché ou de zone d’exposition. Le hall évolutif du côté nord-ouest et nord-est est entouré de deux tours résidentielles en forme de L avec respectivement 11 et 19 étages. Elles sont reliées par une tour d’accès commune entre les deux parties des bâtiments. Les zones pour faire monter et descendre des passagers des bus, qui peuvent être fermées par de grandes portes pliantes, sont situées au rez-de-chaussée de la tour résidentielle plus basse. Les deux étages pourvus d’appartements forment dans le bâtiment une unité avec un jardin d’hiver partagé qui sert également d’accès horizontal. Le jury a particulièrement apprécié le positionnement astucieux des édifices sur le terrain et la séparation nette des zones utilisées à des fins publiques et privées.

    3e prix

    Zwei


    Auteurs: Jiahui Zou, Jiaying Zhu
    Établissement universitaire: Université de Stuttgart
    Prix: 2 000 CHF

    La proposition de Jiahui Zou et Jiaying Zhu met l’accent sur la qualité des espaces publics extérieurs. Ils aménagent donc la gare routière au premier sous-sol, les appartements et les pièces partagées des habitants dans une tour en forme de disque, située perpendiculairement aux deux rues parallèles au terrain. Le bâtiment divise la parcelle en une place publique au sud-est et un espace vert au nord-ouest. Un noyau d’accès central au milieu du bâtiment relie non seulement tous les étages, mais abrite également certaines des pièces partagées. C’est un élément qui a convaincu le jury, tout comme la conception des appartements individuels. Grâce à l’agencement intelligent de la salle de bains, de la cuisine, du salon et de la chambre à coucher sur seulement 22 mètres carrés, les appartements offrent même un espace librement configurable par les habitants.

    Un jury prestigieux

    Les 36 œuvres ont été jugées par un jury présidé par András Pálffy, professeur à l’Université technique de Vienne. Il a été assisté par les professeurs d’université Bettina Götz (Université des Arts de Berlin), Annette Spiro (ETH Zurich), Hans Gangoly (Université technique de Graz), Hermann Kaufmann (Université technique de Munich) et Dominique

     

    Salathé (Haute école spécialisée de la Suisse du Nord-Ouest). Le comité a reçu l’appui de Heinz Haab, directeur de Hawa Sliding Solutions, et par Anke Deutschenbaur, chef de projet marketing et communication de l’entreprise en tant que juge attribuant le lot. Le montant total des prix du Hawa Student Award s’élève à 12 000 CHF.

    Assortiments
    Sur le bâtiment, Dans le bâtiment, Pour le meuble
    Segments
    Corporate, Residential
    Sujet
    Microliving, Hawa Student Award
    24.11.2020
    Magie à galandage
    Roman Koch de Stokk GmbH raconte comment Hawa Junior a changé son entreprise.
    17.11.2020
    « Dans dix ans, nous serons plus connus qu’aujourd’hui »
    Entrevue sur l'expansion de Hawa avec directeur commercial Heinz Haab.