22.09.2020
Petit mais efficace

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La population mondiale augmente. Et elle se concentre de plus en plus dans les villes. En réponse à ce phénomène, le mouvement du microliving tente d’exploiter au maximum chaque mètre carré d’espace de vie selon la devise : «Moins, c’est plus». Nous avons interrogé les protagonistes de la scène.

Jeune garçon, Leonardo Di Chiara, est étonné de voir la quantité d’affaires que pouvait contenir le voilier des parents. «J’avais deux rêves», explique l’architecte, «être indépendant et voyager.» Il a depuis longtemps réalisé les deux : Monsieur Di Chiara parcourt l’Europe avec une maison sur roues, nommée «aVOID» et la présente lors de salons d’architecture et de meubles.

«aVOID» est tout un programme. Le nom fait référence aux termes «vide» et «éviter». Pour vivre dans 9 mètres carrés – et même pouvoir inviter – le jeune italien a trouvé quelques idées. Les chaises et les tables se déplient du mur, les tiroirs roulent sur des rails, le lit escamotable se transforme en lit double par un pliage magique. Monsieur Di Chiara tourne, roule et pousse, fait apparaître une échelle pour la terrasse du toit hors du mur et y pousse les portes ouvertes du vaisselier. Pour les portes de la cuisine, il a utilisé la solution pour portes coulissantes HAWA Folding Concepta 25. L’ensemble de l’installation est typique d’une «Tiny House/petite maison» : une micro habitation contenant tous les éléments essentiels dans un petit espace. «Moins vous en avez, plus vous êtes libre. Cet état d’esprit va au-delà de l’habit», explique Monsieur Di Chiara. Afin de passionner d’autres groupes, il a fondé une «Tinyhouse University» en Italie.

«Aussi petit qu’est leur résidence : les gens veulent la façonner individuellement.»

Dr. Sonja Friedrich-Killinger, Psychothérapeute, Ludwigsbourg

Des éco-idéalistes jusqu’à de grands investisseurs
De plus en plus d’inventeurs, de scientifiques et de minimalistes du monde entier se joignent à la communauté des petites maisons (Tiny House). Ils mettent généralement eux-mêmes la main à la pâte pour créer leur propre paradis habitable et font participer la communauté à chaque étape de la construction. Ils échangent des idées sur les plans d’étage, les caravanes et les meubles sur Internet et lors de festivals. Et ils attendent avec impatience une «vie autonome en pleine nature».


Mais ce qui a commencé comme un mouvement idéaliste de non professionnels a été investi par les urbanistes, les architectes et les investisseurs. «Microliving» est leur mot magique et signifie vivre dans un petit espace. «La densification est incontournable au vu du verrouillage des surfaces», explique l’architecte américain David Baker, fondateur du bureau d’architecture du même nom situé à San Francisco. En fait, l’espace de vie moyen des nouveaux bâtiments dans de nombreux pays industrialisés a, après une augmentation depuis les années 70, de nouveau diminué ces dernières années. Le nombre de mètres carrés considéré comme du microliving dépend des conditions locales. «Plus nous vivons de manière dense, plus notre empreinte écologique diminue», explique Monsieur Baker, qui a créé un ensemble de microliving innovant. Les habitants accumulent automatiquement moins de biens de consommation. Mais moins d’espace ne signifie pas moins de qualité de vie – au contraire, dit Monsieur Baker : «Vivre ensemble de manière plus dense permet de mettre en place une excellente infrastructure et de l’utiliser en commun.» Dans les zones densément peuplées, par exemple, des chambres d’hôtes, des locaux commerciaux et des équipements culturels peuvent être créés pour l’ensemble de la communauté et à des prix abordables.

Une «ferme» à six étages
C’est en Asie que la pression du microliving est la plus élevée. Chaque semaine, un million de personnes déménage dans les villes. Les urbanistes misent sur de gigantesques tours résidentielles avec des mini-appartements. 43 pour cent des appartements construits à Hong Kong en 2018 mesuraient moins de 40 mètres carrés. «Compte tenu de l’espace limité et de l’importante population, nous n’avons pas d’autre choix que de construire de manière très dense», explique le chef de l’urbanisme de Singapour, Dr. Thai Ker Liu. Au cours des dernières décennies, il a construit 50 nouvelles villes en Chine. Les normes y sont différentes : dans la mégapole de Shenzen située dans le delta de la rivière des Perles, les quartiers avec des tours résidentielles de vingt étages sont considérés comme des «villages». Des maisons comme celles du quartier du «village de Huanggang» avec seulement six étages sont appelées des «fermes».

Aux États-Unis, en Australie et en Europe, très peu de gens veulent cohabiter dans un espace aussi restreint. Pour l’architecte de Francfort, Stefan Forster, il est clair : «Très peu de personnes habitent volontairement dans une sorte de cage à lapins». L’habitat européen est également associé à la richesse et le prestige. «Un micro-appartement est généralement une solution temporaire. Quiconque y vit fait tout pour en sortir un jour.» Néanmoins, il est impératif à l’heure actuelle de construire de manière à économiser de l’espace et des ressources. Monsieur Forster voit les portes coulissantes comme une solution élégante : «J’adore les portes coulissantes car elles ne prennent pas de place dans la pièce et permettent de mettre des meubles. Et vous pouvez les laisser à moitié ouvertes et permettre ainsi une communication entre les pièces.»

«Vivre dans moins d’espace ne signifie pas perdre en qualité de vie.»

David Baker, David Baker Architects, San Francisco

Exigences élevées dans un petit espace
Aussi petits que soient les espaces, ils doivent répondre à deux besoins opposés: celui de la sécurité et de la vie privée, et celui des contacts sociaux. La psychologue de l’habitat et psychothérapeute Dr. Sonja Friedrich-Killinger rappelle ces exigences. C’est bien si la lumière passe à travers de grandes fenêtres de l’appartement et que la vue vers l’extérieur donne une sensation d’espace. «La nature est en constante évolution et offre une stimulation sensorielle idéale.» Des études montrent que les personnes hospitalisées se rétablissent plus rapidement lorsque leurs chambres offrent une vue sur la nature. Pour les complexes avec des micro-appartements, Friedrich-Killinger recommande des espaces semi-publics où les habitants peuvent échapper à l’étroitesse de l’appartement et rencontrer facilement d’autres personnes. «Les buanderies et les couloirs stériles ne sont pas adaptés pour cela. Une cuisine commune et un coin café conviennent mieux.» Même dans les appartements en location meublée, il faut de l’espace: «Les gens ont besoin de personnaliser leurs espaces de vie. Les appartements purement fonctionnels vous dépriment à long terme», explique Madame Friedrich-Killinger: «Chaque micro-appartement doit offrir un espace pour une plante ou une image.»

Les grands investisseurs qui prennent en compte de tels aspects n’ont pas besoin de faire une grande promotion pour leurs projets de construction microliving. «La demande de petites unités résidentielles est grande lorsqu’elles sont situées de manière centrale. Nos 50 micro-appartements nouvellement construits à Zurich ont été loués en quelques semaines», révèle Manuel Gamper, directeur général de City Pop AG. Sa société mère, Artisa, transforme des immeubles suisses en 1 000 micro-appartements de 25 à 35 mètres carrés chacun. Ils sont conçus comme des appartements de location temporaire. La salle de bains est accessible par une porte coulissante insonorisée, le lit peut être déplié du mur avec un levier hydraulique et se pose par-dessus le canapé. S’il n’y a pas assez d’espace de rangement dans l’appartement, les habitants peuvent louer un box de stockage.

Personnes de toute origine en quête d’un logement
Qui vit dans de tels micro-appartements? «De nombreux hommes d’affaires et expatriés, mais aussi des personnes qui se sont séparées de leurs partenaires et ont rapidement besoin d’un nouveau logement», explique Monsieur Gamper: «D’autres sont des étudiants ou veulent vivre dans le centre-ville à leur retraite.» Artisa planifie 15 000 micro-appartements dans cinq autres pays. La structure mobile «aVOID» pourra-t-elle un jour être commercialisée?

«De plus en plus de personnes vivent sur une petite surface. Nous n’avons pas le choix : nous devons construire de manière dense.»

Dr. Thai-Ker Liu, urbaniste en chef de Singapour de longue date

aVOID

Vivre avec peu de choses est le mode de vie de l’architecte Leonardo Di Chiara. Il a construit sa première maison, appelée « aVOID », pendant trois mois.

Superficie: 9 mètres carrés
Emplacement: flexible, car elle a des roues
Année de construction: 2017

388 Fulton

Selon l’architecte David Baker, le «premier projet commercialisable» de microliving de San Francisco comprend plus de 69 unités résidentielles, dont 35 studios. Il n’y a pas de places de parking pour les habitants, mais il y a 86 supports de vélos.

Superficie: 30 m2 (studio)
Site: San Francisco
Année de construction: 2016

Gradient Space

Metre Architects a fusionné les éléments les plus importants dans cet appartement de célibataire : le lit, le canapé, le bureau et la table à manger. Cette forme compacte d‘habitat crée beaucoup d‘espace de rangement.

Superficie: 43 mètres carrés
Emplacement: Singapour
Année de construction: 2018

Mini-one

Elle n’a pas besoin de plus, mais pas de moins non plus : la mini-maison de l’architecte Rainer Borcherding est conçue pour une à deux personnes. WC, lavabo, douche, cuisine, armoire, canapé (lit) – il n’y a tout qu’en un seul exemplaire. Mais deux portes coulissantes avec EKU Frontino se ferment élégamment pour former une paroi et ouvrent la pièce.

Superficie: à partir de 28 mètres carrés
Emplacement: flexible
Année de construction: 2019

Assortiments
Sur le bâtiment, Dans le bâtiment, Pour le meuble
Segments
Residential
Sujet
Microliving, SLIDE
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